Pour son nouveau film en tant que réalisateur, Albert Dupontel sort de sa zone de confort et vise haut en adaptant un Goncourt ambitieux et visuellement très challengeant. Ca s’appelle Au Revoir La Haut et c’est l’un des films français événement de l’année !
Sans connaître le livre, on a découvert le film un soir début octobre à Paris. Au Revoir Là Haut c’est l’histoire d’Edouard et Albert, deux anciens soldats abîmés par la grande guerre. De retour dans le monde civil, ils cherchent leur place. Albert cherche de l’argent, Édouard un moyen de cacher sa mâchoire mutilée et d’exprimer son art. Ensemble ils vont mettre au point une arnaque aux monuments au mort…
La première chose à souligner c’est la mise en scène. Dans les tranchées ou au cœur de Paris, la caméra de Dupontel virevolte avec génie. En quelques secondes on comprend que depuis 9 mois fermes, l’ambition n’est plus la même. Quelque part entre Jeunet et les grandes fresques américaines, Au Revoir la Haut affirme sa démesure. Un culot monstre pour un film français qui de plus est réalisé par Bernie.
Si on adore le début du film et l’installation des personnages, on a un peu plus de mal à s’identifier au reste. Tout va un peu trop vite (ou trop doucement on ne sait plus) et il y a un peu trop de sujet pour que la magie opère (du moins pour nous). Du coup on passe à côté de l’émotion et on reste de marbre face à cette fin poétique. Ce qui est clairement problématique.
L’histoire pourtant est fascinante. Si bien qu’en sortant du film on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on se plonge dans le roman de Pierre Lemaitre.
Même si le film nous a laissé un peu de marbre, on n’arrive pas non plus à le sortir de notre tête. Et chaque image revue depuis nous rappelle la qualité du casting. On se dit aussi que le film va cartonner et que ca ne sera pas volé. Le rendez-vous est déjà pris pour les Cesar où il devrait entrer en compétition avec 120 battements. Décidément C’est l’année de Nahuel Perez Biscayart !