Présenté au Festival de Cabourg 2014, Au Premier Regard fait partie de ces films dont vous ne connaissez rien et qui pourtant vous plaisent instantanément. Critique.

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C’est la fin de l’été à São Paulo. Leonardo, 15 ans, est aveugle. Il aimerait être plus indépendant, étudier à l’étranger, mais aussi tomber amoureux. Un jour, Gabriel, un nouvel élève, débarque dans sa classe. Les deux adolescents se rapprochent et progressivement, leur amitié semble évoluer vers autre chose. Mais comment Leonardo pourrait-il séduire Gabriel et savoir s’il lui plait puisqu’il ne peut pas le voir ?

Il faut avouer que sur le papier on avait qu’une confiance modérée dans ce premier long métrage. Pourtant son affiche très indé et ce fond de triangle amoureux nous plaisaient bien.

Pas facile de se laisser tenter par un film qui annonce la couleur : parler d’un jeune garçon malvoyant qui va en plus tomber amoureux de son meilleur ami. Cela paraît beaucoup pour un seul et même film. Et pourtant, le réalisateur  ne sera tomber dans aucun des pièges. Mieux encore, il nous aura surpris par sa capacité à insuffler à son premier regard une fraîcheur inouïe. Pas d’apitoiement sur son héros ni de complaisance  mais bien au contraire un portrait joyeux et éveillé d’un jeune homme normal qui veut grandir. Exixt la cannes et les machines à écrire en braille, place aux interrogations d’un lycéen sur son avenir. Le besoin d’émancipation est alors génialement mis à l’écran dans un naturel qui pourrait nous redonner foi en la condition humaine.


Une fois le handicap traité, il restait au réalisateur brésilien une lourde tâche. Parler de la toute puissance de l’amour quelque soit sa nature. Pas de fausses notes non plus quand il faut nous montrer pendant 1h30 que nous sommes libres de tomber amoureux et qu’importe le sexe concerné. Au premier regard n’est alors pas un film gay mais une ode à l’amour très intelligente qui montre qu’une amitié peut évoluer en autre chose. Même si rien n’est facile cela reste une évidence contre laquelle il ne sera pas bon de lutter.

Si le film en ressort si positif et si frais c’est avant tout grâce à son contexte et aux petits moments de vie qui le peuplent. Un lycée, des fêtes, une meilleure amie un peu envahissante, des exposés, une sortie scolaire alcoolisée… Bref la vie ! Au détour d’un devoir à rendre on parle de grande musique et on garde en tête que pour comprendre le présent il faut maîtriser le passé. Puis, on écoute Belle et Sébastien et on se met à chercher cette chanson partout. Symbole de la liberté de ce premier film.


Proche d’un naturalisme à la Kechiche (sans les cris et les pâtes au coin de la bouche), Au premier Regard méritera toute notre attention. Frais, intelligent, magistralement interprété, c’est la petite bouffée d’air de cet été ! Courrez-y !

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4 Comments

  1. J’étais très emballé, et j’ai trouvé ça très… plan plan, limite culcul. C’est beaucoup trop sage, sans lâcher-prise, académique, et l’interprétation des acteurs ne m’a pas convaincu… On va dire que je suis passé à côté )

  2. J’étais très emballé, et j’ai trouvé ça très… plan plan, limite culcul. C’est beaucoup trop sage, sans lâcher-prise, académique, et l’interprétation des acteurs ne m’a pas convaincu… On va dire que je suis passé à côté )

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