Quand le réalisateur de 50/50 s’attaque au film de zombies, on doit avouer qu’on est curieux du résultat même si on a un peu peur d’assister à un énième Twilight.

Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair.
R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…
Perturbée par ses sentiments, Julie retourne dans sa cité fortifiée où son père a levé une armée. R, de plus en plus humain, est désormais convaincu que sa relation avec Julie pourrait sauver l’espèce entière… Pourtant, en cherchant à revoir Julie, il va déclencher l’ultime guerre entre les vivants et les morts. Les chances de survie de ce couple unique sont de plus en plus fragiles…
Warm Bodies Renaissance porte un regard aussi réjouissant qu’étonnant sur l’amour, la fin du monde et les zombies… De quoi nous rappeler ce que c’est d’être humain !

Autant vous dire qu’on y allait un peu à reculons. Il faut dire qu’un film sur les zombies avec une histoire d’amour entre ados pour trame de fond ne nous passionnait pas vraiment. Et même en sachant que le séduisant Nicholas Hoult (éternel Tony dans Skins) on était parti pour laisser aux jeunes filles en fleurs Warm Bodies. La curiosité nous aura quand même conduit en salles pour un résultat étonnant oui mais pas convaincant.

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Malgré son synopsis vu et revu, il y a dans Warm Bodies d’excellentes idées qui font la richesse du film. D’abord un constat de départ des plus originals (des morts vivants qui errent ensemble dans l’aéroport d’une ville saccagée par un virus) et un parti pris scénaristique vraiment sympa. Warm Bodies sera plus une comédie dans la lignée de Shaun of the Dead qu’un pur film d’horreur à la sauce zombies. Ici, le ton sera léger, le second degrés de rigueur et le film de genre complètement tourné à la dérision.

On suit alors avec beaucoup de curiosité et d’amusement cette folle histoire de zombie amoureux d’une humaine qui va rapprendre à vivre en sa compagnie. On sourit alors devant cette love story presque banale qui emprunte des références ici et là pour nous donner au final une sorte de Roméo et Juliette à la sauce zombies. L’histoire d’amour se révèle à notre grande surprise assez touchante grâce à un duo d’acteurs qui fonctionne bien et viendra donner aux films pour ados un vrai vent de fraicheur. Un film novateur donc qui s’inscrit en plus parfaitement dans l’évolution actuelle en mettant en avant le retour au vintage de la jeune génération. Et oui car notre petit R, écoute des vinyles et prend des photos au polaroid. Vous vouliez du cool, non  ?

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Si on suit gentiment cette histoire d’amour, on a parfois beaucoup de mal à garder notre sérieux devant les facilités scénaristes assez aberrantes.  Pas beaucoup de suspens dans ce film qu’on lit assez facilement dès les premières minutes. Le réalisateur s’en tient au schéma classique et ne tente rien de fou pour faire envoler son film. Le pire c’est qu’il ira même grossir les traits de son concept (pas de spoil ici c’est déjà écrit sur l’affiche) : l’amour est plus fort que la mort. Une morale bien terne, tellement classique, qui nous fait nous demander si Warm Bodies n’est pas juste une grosse caricature de toutes les comédies romantiques actuelles … Une fin tellement culcul qui nous fait réfléchir au vrai positionnement de Warm Bodies qui ne se décide jamais finalement entre film de zombies décomplexé et nouveau film pour adolescentes en émoi qui vont remplacer les posters de Robert par ceux de Nicolas.

Au delà de ce changement de cap en cours d’histoires, on pourra aussi reprocher à Warm Bodies un vrai problème au niveau du rythme. Si on est au départ complètement fasciné par l’histoire, force est de constater, qu’on va petit à petit se désintéresser de celle-ci pour finalement ne plus rien ressentir du tout vis à vis des personnages. On se fout un peu de leur dessein, des états-d’âmes de notre héros mangeur de cervelles ou des choix cornéliens de l’humaine. On regarde alors Warm Bodies avec un distance affolante. On se demandera aussi ce que veut faire le réalisateur puisqu’on se dit à peu près toutes les 30 minutes que le film pourrait s’arrêter là sans problèmes. Un sentiment étrange de voir sous nos yeux un film un peu baclé qui a tout basé sur son concept et non sur une histoire.

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Sans être la grosse daube à laquelle on s’attendait, Warm Bodies se révèlera sympathiquement fun mais pas assez assumé pour marquer les esprits. On attendra le prochain film du genre pour renouer définitivement avec le cinéma pré-pubère.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

2 Comments

  1. Analyse très juste auquel j’adhère complètement !

  2. Analyse très juste auquel j’adhère complètement !

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