Quelques mois après le bien fade My Week with Marilyn, consacré au tournage du Prince et la danseuse, Hollywood se penche aujourd’hui sur le making of de Psychose avec Anthony Hopkins dans la peau du maitre du suspens.
Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière. A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager. Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre. Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : PSYCHOSE.
Quand on apprend qu’un biopic sur Alfred Hitchcock est en préparation on est forcément très curieux. Surtout lorsque finalement on se dit qu’on est sait peu sur celui que l’on surnomme le maître du suspens. Curiosité qui s’était développée au fil du temps et au fur et à mesure que la Fox dévoilait des éléments du film. La photo d’Anthony Hopkins méconnaissable en Alfred Hitchcock nous ayant définitivement convaincu. Malheureusement pour nous Hitchcock ne convaincra jamais ne parvenant pas à faire le choix entre comédie romantique et making off.
Le début du film pourtant nous laissait présager du meilleur. Sacha Gervasi nous emmenant avec lui dans le hollywood en plein âge d’or au coeur du système cinéma. Projeté dans les studios de la Paramount on retrouve Hitchcock en plein doute alors que La Mort aux trousses vient de sortir. On suit alors le parcours de l’homme qui cherche un nouveau projet pour donner un dernier élan à sa carrière.Tout le cheminement de la découverte du livre à la production du film est alors un vrai régal. On apprend ainsi comment le grand Alfred Hitchcock a peiné pour que Psychose voit enfin le jour. On découvre ainsi la réticence des studios au sujet de Psychose et la peur de toutes les parties prenantes qui pensaient le projet trop ambitieux pour l”époque. Grâce au film on réalise à quel point le réalisateur a du se battre et s’adapter parfois pour mener à bien son projet. On se dit alors que si on revoyait Psychose aujourd’hui on ne verrait plus certaines scènes (et notamment celle de la douche) de la même manière.
L’autre découverte c’est cette plongée dans les relations qui unissaient Alfred Hitchcock à son épouse Alma. On apprend ici comment celle-ci avait une importance folle dans le travail d’Alfred Hitchcock. Toujours de bon conseils, admirative, protectrice et ayant une foi sans failles en le talent de son époux, Alma sort de l’ombre grâce à ce biopic. On jurerait après avoir vu ce film, qu’Hitchcock n’aurait pas été Hitchcock sans elle !
Si on est assez séduit par ce mélange plutôt élégant de tout ce que l’on sait déjà sur Hitch mixé avec ce que l’on sait moins, on va vite se rendre compte que le film ne décollera jamais. Et alors que le rythme du film commence à s’essouffler on se dit que jamais ne surviendra la petite étincelle qui fera véritablement basculer Hitchcock. Finalement assez routinier Hitchcock ne nous emmènera jamais avec lui et on restera en soit assez distant face à ce spectacle qui manque cruellement de saveurs. Une distance qui nous plongera petit à petit dans l’ennui et qui nous fera regretter d’avoir perdu du temps devant ce biopic. On se dit qu’on aurait dû regarder un Hitchcock un vrai plutôt que de regarder ce pseudo biopic.
Alors qu’on pensait qu’Anthony Hopkins serait l’atout majeur du film on va très vite s’apercevoir que sous son imposante prothèse, son jeu d’acteur est trop lourd et manque cruellement de finesse. A ses côtés Helen Mirren sera comme à son habitude excellente en femme admirative mais très intelligente. On ne parlera pas des seconds rôles qui ne servent absolument à rien (pourquoi diantre avoir voulu Scarlett Johansson en Janet Leigh?) et dont la présence n’est utile que pour refléter les obsessions d’Hitchcock.
Assez intéressant d’un point de vue factuel pour comprendre le parcours du combatant d’un immense réalisateur pour tourner son chef d’oeuvre, Hitchcock décevra pas son conformisme et son manque total d’ambitions. Un téléfilm sur France 2 aurait eu le même effet …