Après Twilight c’est au tour d’une autre trilogie à succès de se voir adapter au cinéma. Plus intelligent, moins niais et doté d’un univers très riche, Hunger Games se laisse regarder mais déçoit par une mise en scène des plus hasardeuses.

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les “Tributs” – concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n’est plus désormais qu’une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l’arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l’amour…

La bande annonce laissait présager du pire. Si bien qu’on avait, avant même de voir le film, considérer Hunger Games comme un gros ratage à classer entre un Narnia et une Croisée des mondes. Pourtant dès les premiers instants on se rend compte qu’il n’en est absolument pas le cas. Hunger Games s’annonce beaucoup plus profond, beaucoup plus riche et surtout bien plus intelligent que ses prédécesseurs.

Alors que l’on ne connait rien à cette saga, on découvre un tout nouveau univers et on est scotché par sa richesse et sa densité. Son intelligence aussi. Là où Battle Royale avait laissé de côté la psychologie et les enjeux d’un tel “jeu”, Hunger Games s’y focalise. Ainsi, en plus d’une épreuve de survie entre adolescents plus ou moins motivés, on accède à l’envers du décors, au “marketing” qui se cache derrière le massacre et le côté spectacle, manipulation et la stratégie deviennent des éléments déterminants du film. Hunger Games s’éloigne du film niais par excellence et devient très intéressant au fur et à mesure que l’on comprend les stratagèmes utilisés pour remporter les Hunger Games de la présentation spectaculaire des tributs à l’établissement d’une fausse romance pour gagner des Sponsors . Hunger Games devient ainsi une réflexion intéressante sur la société de divertissement, sur les magouilles et manipulations exercées par les pouvoirs publiques.

Alors qu’on est absolument subjugué par la beauté, l’intelligence et l’univers d’Hunger Games, on reste très en retrait vis à vis de la mise en scène complétement à coté de la plaque. Gary Ross ne pose pas une seule fois sa caméra et change constamment son cadre. Sans trop savoir pourquoi, le réalisateur détourne sa caméra de l’action à la moindre occasion. Ainsi on ratera de nombreux massacres, de nombreuses morts, des combats pour suivre des choses bien moins intéressantes. Pour un film sur un combat à mort entre adolescents, c’est un peu limite ! On a du mal à comprendre, de même, certains partis pris scénaristiques du réalisateur qui n’hésite pas à accentuer des moments très anecdotiques (la scène du pain jeté sous la pluie, la mort du père minier, les adieux à Rue … ) au détriment de l’action. Pour le coup on préférait carrément Battle Royale qui n’avait pas peur de montrer la violence.

Le plus grand reproche que l’on puisse faire à Hunger Games réside dans son traitement très superficiel. Hormis l’héroïne, Gary Ross ne s’intéresse pas aux autres compétiteurs. Aucun autre tribut n’est exploité. Le réalisateur se contente de rédiger un catalogue de combattant qui n’auront d’intérêt que leur mort. Gary Ross liste les participants, édite des clichés en caractéristiques et laisse de côté tout ce qui les concerne, de leur histoire personnelle aux diverses alliances, pseudo-amitiés ou romances qui les unit. Une ellipse pas très intelligente qui montre très vite les intentions de l’auteur : Hunger Games c’est l’histoire de Katniss Everdeen et rien d’autre ! Ainsi, le suspens n’est jamais présent et à aucun moment on imagine la mort de l’héroïne qui semble miraculeusement presque toujours en sécurité. On aurait préféré que Gary Ross lâche un peu la fille à l’arc pour nous montrer ce qu’il se passe ailleurs. On aurait aussi préféré une explication et une analyse de l’environnement, du pourquoi du comment sur les origines et les enjeux des Hunger Games. Même si pour cela il fallait couper le Tome 1 en deux films.

Malgré un gros problème de réalisation et une superficialité parfois agaçante, Hunger Games reste très plaisant et jamais ennuyeux. Et cela notamment grâce à une Jennifer Lawrence absolument fantastique qui crève l’écran en guerrière/grande-sœur protectrice intelligente et habile. Elle ajoute une nouvelle corde à son arc en jouant pour la première fois dans une super-production américaine. Elle est l’atout majeur de ce Hunger Games !

Petite déception dans la sortie DVD pour cette édition simple, l’absence totale de bonus. Il faudra vous procurer le double DVD pour profiter des 3heures de bonus !

Sans être un grand film, Hunger Games assume son rôle de divertissement intelligent malgré de nombreuses maladresses. Un film qui nous donnera cependant très envie de nous plonger dans les romans de Suzanne Collins et d’en savoir plus sur ces histoires de “Tributs” de “Sponsors” de “Capitole” et de “Districts”.

M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

6 Comments

  1. Je lis souvent les critiques

    de votre site et suis généralement d’accord avec. 
    Mais sur celle-ci je
    suis un peu plus mitigé, surement parceque je porte une grande affection
    pour la trilogie de roman. Alors certes le réalisateur était totalement
    à la ramasse niveau réalisation (par ailleur je suis heureux qu’il ne
    réalise pas le 2nd), le rythme insuflé au film était mou comme pas
    possible et toute la tension que l’on pouvait ressentir dans le roman a
    disparue. Par contre là ou je ne suis pas d’accord avec ta critique
    c’est quand tu parle que le film n’est que concentré que sur Katniss et
    rien qu’elle, et aussi que certaine scène sont inutiles… A ce moment
    là je me dit que tu n’as soit pas compris l’importance derrière ces
    scènes et/ou tu n’as pas lu le roman. Certes on parle du film et non du
    roman, mais on est obligé d’y revenir car c’est le matèriel qui a servit
    de base au film. Alors d’une le film ne peut pas naviguer vers le point
    de vue des autres personnages car le roman est écrit à la 1ère personne
    et se base donc sur le ressenti et le vécu de Katniss. (Et pourtant
    dans le film ils ont quand même su inventer des scène inédite au roman
    et des personnages tel que le producteur des Hunger Games et ces scènes
    de concertation avec le Président Snow, entre autre). Quand a la scène
    du pain, elle montre que derrière la mise en scène de la romance entre
    Peeta et Katniss ce dernier est réellement amoureux d’elle. Les adieux à
    Rue est quand à elle la scène qui donne toute son importance à la
    trilogie des Hunger Games car elle va permettre à Katniss d’accéder au
    statue de symbole du rassemblement entre tous les districts, et d’une
    éventuelle rebellion. Quand au père et la mine, elle permet de
    comprendre pourquoi Katniss a du subvenir à sa famille si jeune, la
    raison de son fort caractère et de sa responsabilité envers sa petite
    soeur car leur mère n’est plus qu’une épave… A vrai dire je
    pourrai disserter des heures sur le film et sa critique mais bon après
    chacun son ressenti et point de vue mais sur ce coup je sais pas sur cet
    article je ne suis pas d’accord sur plein de truc ormis la mauvaise
    réalisation de Gary Ross dont je suis pourtant un grand Fan de Pleasantville

  2. Je lis souvent les critiques

    de votre site et suis généralement d’accord avec. 
    Mais sur celle-ci je
    suis un peu plus mitigé, surement parceque je porte une grande affection
    pour la trilogie de roman. Alors certes le réalisateur était totalement
    à la ramasse niveau réalisation (par ailleur je suis heureux qu’il ne
    réalise pas le 2nd), le rythme insuflé au film était mou comme pas
    possible et toute la tension que l’on pouvait ressentir dans le roman a
    disparue. Par contre là ou je ne suis pas d’accord avec ta critique
    c’est quand tu parle que le film n’est que concentré que sur Katniss et
    rien qu’elle, et aussi que certaine scène sont inutiles… A ce moment
    là je me dit que tu n’as soit pas compris l’importance derrière ces
    scènes et/ou tu n’as pas lu le roman. Certes on parle du film et non du
    roman, mais on est obligé d’y revenir car c’est le matèriel qui a servit
    de base au film. Alors d’une le film ne peut pas naviguer vers le point
    de vue des autres personnages car le roman est écrit à la 1ère personne
    et se base donc sur le ressenti et le vécu de Katniss. (Et pourtant
    dans le film ils ont quand même su inventer des scène inédite au roman
    et des personnages tel que le producteur des Hunger Games et ces scènes
    de concertation avec le Président Snow, entre autre). Quand a la scène
    du pain, elle montre que derrière la mise en scène de la romance entre
    Peeta et Katniss ce dernier est réellement amoureux d’elle. Les adieux à
    Rue est quand à elle la scène qui donne toute son importance à la
    trilogie des Hunger Games car elle va permettre à Katniss d’accéder au
    statue de symbole du rassemblement entre tous les districts, et d’une
    éventuelle rebellion. Quand au père et la mine, elle permet de
    comprendre pourquoi Katniss a du subvenir à sa famille si jeune, la
    raison de son fort caractère et de sa responsabilité envers sa petite
    soeur car leur mère n’est plus qu’une épave… A vrai dire je
    pourrai disserter des heures sur le film et sa critique mais bon après
    chacun son ressenti et point de vue mais sur ce coup je sais pas sur cet
    article je ne suis pas d’accord sur plein de truc ormis la mauvaise
    réalisation de Gary Ross dont je suis pourtant un grand Fan de Pleasantville

  3. Quelques maladresses ou moments simplifiés ou édulcorés, c’est dommage car on ne retrouve pas complètement la cruauté éprouvante du livre. Mais globalement ça reste plutôt réussi et plaisant à voir, j’ai été soulagé (ayant beaucoup aimé les bouquins), notamment grâce à l’interprétation de Jennifer Lawrence qui retransmet assez bien les états d’âme de son personnage (qui ont une place majeure dans le bouquin). Enfin l’univers ressort plutôt bien à l’écran. 

  4. Quelques maladresses ou moments simplifiés ou édulcorés, c’est dommage car on ne retrouve pas complètement la cruauté éprouvante du livre. Mais globalement ça reste plutôt réussi et plaisant à voir, j’ai été soulagé (ayant beaucoup aimé les bouquins), notamment grâce à l’interprétation de Jennifer Lawrence qui retransmet assez bien les états d’âme de son personnage (qui ont une place majeure dans le bouquin). Enfin l’univers ressort plutôt bien à l’écran. 

  5. travellingmovies.wordpress.com Reply

    En fan de la saga littéraire, j’ai beaucoup apprécié le soin du réalisateur à s’attarder sur l’univers du Capitol. En privilégiant les coulisses à la tuerie, Gary Ross à fait un choix délicat mais au fond intelligent. Même si la caméra qui se cache les yeux pendant certaines scènes, est pour le moins agaçante. 

  6. travellingmovies.wordpress.com Reply

    En fan de la saga littéraire, j’ai beaucoup apprécié le soin du réalisateur à s’attarder sur l’univers du Capitol. En privilégiant les coulisses à la tuerie, Gary Ross à fait un choix délicat mais au fond intelligent. Même si la caméra qui se cache les yeux pendant certaines scènes, est pour le moins agaçante. 

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