Après le génial 2 Days in Paris et après une plongée dans l’univers horrifique (La Contesse), la sympathique Julie Delpy est de retour à la comédie décalée et terriblement attachante. Du pur bonheur !

Juillet 1979, pendant les vacances d’été dans une maison en Bretagne. A l’occasion de l’anniversaire de la grand-mère, oncles, tantes, cousins et cousines sont réunis le temps d’un week-end animé.

Depuis 2007, Julie Delpy représente ce qui se fait de mieux en matière de comédie française. Depuis 2 Days In Paris on attendait son nouveau projet avec une grande impatience et à la vue de la bande annonce du Skylab on est heureux de voir que la parisienne n’a rien perdu de son talent !

Dès le début du film, on sent que Le Skylab est bien différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans le cinéma français. Pas de langue de bois ici, simplement la chronique d’un week-end en famille. Une famille hétéroclite qui porte son lot de problèmes et qui tente le temps d’un week-end estival d’oublier ses différents. En une poignée de secondes, Julie Delpy nous plonge au cœur de cette famille presque normale. Nous voici alors en été à rêver aux déjeuners interminables du dimanche, de siestes sous les arbres, de nuits sous la tente, de spectacles imposés ou de jeux en tout genre entre cousins. On a à nouveau 10 ans et cette grande famille c’est un peu la notre, en plus farfelue et en plus drôle.

Tous les personnages sont dressés avec une incroyable précision et une très grande intelligence. Tous les membres de cette famille sont fascinants et aucun n’est laissé de côté. Anna et Jean sont implacables en artistes parisiens bohèmes, gauchistes, contre la télévision qui ne jure que par Léo Férré . On pensait qu’ Eric Elmosino nous avait tout dit en interprétant Serge Gainsbourg, il nous prouve dans le Skylab que son talent ne s’arrête pas là. Avec Julie Delpy, ils forment un couple plus vrai que nature et semblaient être prédestinés pour jouer ces rôles. L’autre immense réjouissance du film est la présence de Valérie Bonneton au casting, absolument démente quand elle confesse que son mari la prend 20 fois par nuit … Les enfants ne sont pas en reste non plus ! Les personnages d’ Albertine ( Lou Alvarez ) et de Robert (Léo Michel-Freundlich) se distinguent particulièrement et leur tronche risque de faire beaucoup parler dans le futur !

Pendant près de deux heures le Skylab est une pure réjouissance. Une parenthèse exquise de la vie familiale qui demeure très drôle du début à la fin qui n’oublie jamais d’être attachant. Les répliques font mouches et Julie Delpy ne prend aucun gants pour raconter son histoire pour notre plus grand plaisir. Les enfants disent des gros mots, chantent des chansons paillardes et évoquent très facilement le sexe. Face à ces enfants quelque peu agités, les grands sont tout aussi inspirants. Et des petites pépites comme la ballade sur la plage des nudistes ou la scène de sexe entre Barbie et Ken sont de très belles trouvailles.

En plus d’être particulièrement drôle, Le Skylab n’en demeure pas superficiel. Une chronique finalement assez cynique sur la politique de la France pré-Mitterand, sur le racisme ou sur la Guerre d’Algérie, du Vietnam et d’Indochine. Le diner de famille qui bascule sur un règlement de compte entre militants nationalistes et gauchistes est absolument divin et dresse un portrait assez révélateur de l’état de la France après Mai 68.

Sans être le film de l’année, Le Skylab est une comédie sympathique très bien menée, hilarante sans être bête, qui vous fera oublier bon nombre de comédies françaises navrantes qui ont vu le jour ces dernières années. Julie Delpy semble détenir le secret pour raconter des histoires attachantes, humaines et vraiment très drôles. Un film qui sent bon les souvenirs, les polaroids, les premiers amours, les crêpes au citron, les piqures de moustique et les coups de soleil ! Une réunion de famille revigorante et pleine de fraicheur !

M.

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3 Comments

  1. J’ai beaucoup aimé aussi. Un film en forme de chronique où il ne se passe pas grand chose mais où on s’attache finalement beaucoup à ses personnages. De quoi se réconcilier avec le cinéma de Miss Delpy après l’imbuvable Deux jours à Paris…

  2. Tout à fait d’accord! Et j’ai retrouvé mes chaussettes à bandes tricolores, mon dessus de lit en velours côtelé et les slows dansés à 3 m! J’adore!

  3. Tout à fait d’accord! Et j’ai retrouvé mes chaussettes à bandes tricolores, mon dessus de lit en velours côtelé et les slows dansés à 3 m! J’adore!

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