Quand J.J Abrams (Lost) s’associe à Steven Spielberg (producteur mais pas que) il y a de quoi s’impatienter! Et quand on apprend que Elle Fanning (la révélation de Somewhere) y jouera le rôle féminin principal, on se dit qu’on est face au film de l’année! Pari réussi? En parti oui grâce à une réjouissante bande de gosses mais gros point noir sur un Alien insignifiant à la limite de l’anecdote.

Été 1979, une petite ville de l’Ohio, Charles réalisateur en herbe est bien décidé à terminer son film. Aidé de son meilleur ami, Joe et de ses acolytes Carey, Preston, Alice et Martin, Charles cherche une “plus-value” pour son film de Zombies qu’il veut voir sélectionner au festival de jeunes cinéastes. Alors qu’ils tournent une des scènes phares du film en Super 8, ce groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Charles tient enfin dans ses mains sa plus-value! Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Imaginer retomber dans les années 80, à une époque où E.T n’est pas encore un classique et où les jeunes ne quittent jamais leur BMX. Une époque où les enfants qui grandissent dans les petites villes sont un peu livrés à eux-mêmes et prêts à faire les 400 coups pour échapper à l’ennui environnement. Vous y êtes ? Bien. Vous venez de poser les pieds à Lilian, une petite ville d’Ohio qui s’apprête à vivre quelques aventures… Imaginez maintenant une bande de potes, pas besoin de chercher trop loin, prenez la votre et ajoutez-y une passion pour le cinéma et les films de zombies sans faille et vous avez la bande à Joe ! 6 compères aventuriers (ou pas) bien décider à vivre eux aussi des aventures incroyables!

Tout le charme de Super 8 réside en fait ici. Au travers ce retour dans les années 80 où les films font du bruit quand on les projette et les accidents du travail bien trop nombreux. Alors que le film est réalisé dans les années 2000, on se dit que J.J Abrams a bien réussi son coup et que son retour en adolescence est un pur moment de bonheur. Les décors, les dialogues et les personnages nous assurent une immersion totale et incroyablement réussie ! Il arrive ainsi à nous proposer un film dans la lignée des E.T, Jurassik Park, Jumanjii, Ninka Kids et autres films où les enfants sont les héros. Et tout ça avec plus de 20 ans de retard. Chapeau.

J.J Abrams réalise aussi le fantasme de tout cinéphile qui se respecte. Qui n’aurait pas rêvé de faire parti de la bande à Joe et de désobéir à ses parents pour … réaliser des films ! Et quelle bande fantasmée ! A l’instar des Goonies, ils ont tous une particularité et apporte à la bande et au film une petite plus-value géniale ! A commencer par Joe ( Joel Courtney), un gamin aux grands yeux beau comme un dieu, véritable révélation du film. Charles (Riley Griffiths), metteur en scène en culotte courte absolument génial d’ingéniosité et de charisme! Sans oublier Carey (Ryan Lee), le fan d’explosifs aux dents ingrates, Martin (Gabriel Basso) et Preston (Zach Mills) les plus peureux de la bande. On espère les revoir très prochainement dans d’autres projets mais on en doute pratiquement pas, notamment pour Joel Courtney la révélation 2011. Et quand on parle de révélation, comment ne pas parler de la présence d’Elle Faning au générique. Elle, magnifique dans Somewhere, remet le couvert et nous livre une prestation sans pareille. A sa première scène, elle parvient à nous faire venir les larmes aux yeux. Du haut de ses long cheveux blonds et de ses grands yeux bleu, elle va faire tourner la tête à nos joyeux bambins!

L’humour, le second degré et l’adolescence semblent être les maîtres mots de Super 8. Et quel plaisir immense de sortir enfin de ces films formatés où les enfants sont des héros sans failles et riches d’une éducation un peu trop stricte. Ici, c’est un joyeux bordel où les parents ne s’en sortent pas si bien et où les enfants n’ont pas vraiment de limites (ils iront même jusqu’à filmer une scène de leur film devant une maison occupée par l’armée…). Ils ne sont pas niais, sont curieux et connaissent (un peu) la vie… Jouissif !

Quand aux effets spéciaux, c’est là aussi la réussite du film. La scène du crash du train est sublime et le spectateur en prend plein les yeux. Ca explose de partout, fait un vacarme d’enfer, on est pris aux tripes ! On en attendait pas moins de Spielberg et de J.J Abrams mais l’attente était telle que la déception aurait pu être grande.

Si ce joli mélange fonctionne pendant la plus grande partie du film, Super 8 est quelque peu gâché par une histoire de fond complètement surréaliste et très lourde. Dès lors que le train déraille, le film se perd dans une histoire complètement démente dans laquelle l’armée retiendrait prisonnier un Alien et son vaisseau… Et pour le coup J.J Abrams ne fait pas dans la dentelle. L’armée est forcément très méchante (prête à tuer et à provoquer un terrible incendie pour enterrer les rumeurs) et l’Alien forcément incompris. On a vraiment l’impression de revoir E.T remixé à la sauce La Guerre des Mondes. Côté originalité on repassera…

Côté Suspens aussi on repassera ! J.J Abrams, lui pourtant si friand de suspens et de retournement de situations, fait complètement l’impasse là dessus dans son Super 8 ! Du début à la fin, aucun suspens n’est permis. Passées les 30 premières minutes on se doute très vite du fin mot de l’histoire. Pas une seconde on pense que les enfants pourraient ne pas s’en sortir et le film se terminer autrement… Quant à la scène finale, on se dit que J.J Abrams a complètement craqué et s’égare vraiment du projet initial. Dommage. Ajouté à cela une morale américaine très lourde où tout se finit toujours bien dans le meilleur des mondes et vous aurez un film dégoulinant de bons sentiments.

C’est sous une édition riche en bonus que sort aujourd’hui Super 8 en DVD. Des commentaires audios de JJ.Abrams, de Bryan Burk (producteur) et Larry Fong (caméraman) se montrent particulièrement enrichissants notamment en terme de techniques utilisées.  Egalement présent un petit focus sur le rêve derrière Super 8 qui vient présenter en une quinzaine de minutes les origines du projet, la jeunesse du réalisateur et son rêve d’Hollywood. Un bel hommage au cinéma ! Pour finir un dernier bonus sur la création du monstre de Super 8. Cette featurette d’une durée de 10 minutes dévoile essentiellement la conception du monstre. Des esquisses aux résultats finals à l’écran.

Pour un film de Science Fiction il n’y a pas grand chose à retenir. On préferera se souvenir de cette bande de gosses complètement incroyable, de la bouille de Joel Courtney, et de leur film de zombies plutôt pas mal! Et le générique de fin nous fait nous rappeler que l’intérêt du film était là, dans les aventures de cette bande au fin fond des Etats-Unis prête à tout pour réaliser son rêve, plutôt que cette histoire tirée par les cheveux d’un alien martyrisé.

M & A

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1 Comment

  1. Les gamins sont géniaux et l’histoire prenante avec ambiance 80’s à fond. Pour le mystère c’est bien du Abrams remixé à la sauce E.T. On sait tout ce qu’il se passe parce qu’Abrams reprends tout les ingrédients que nous connaissons, jusqu’au final magnifique. Mais c’est tellement bien fait, avec tant de sincérité, qu’on retombe forcément en enfance :)

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