Eric Valette (Une affaire d’Etat) réinvente le polar à la française. En s’entourant des meilleurs, il nous livre un film explosif, très rythmé mais qui manque parfois de profondeur, de subtilité et d’émotion.

La Proie c’est l’histoire de Franck Adrien, un braqueur de banques qui s’est finalement fait attrapé. En prison, les autres détenus cherchent à récupérer son butin qu’il a caché avant son arrestation. Franck Adrien résiste et se tient à carreaux pour retrouver au plus vite sa femme et sa fille. Son co-détenu, Jean-Louis Maurel, calme et réservé, faussement accusé de viol, cherche à lui rendre service. Franck va lui faire confiance et se rend très vite compte qu’il n’aurait jamais dû…

Pour sauver sa famille, il va s’évader de prison et commencer à traquer Maurel. S’il est chasseur, il est aussi la proie des services de polices du pays, et en particulier d’une policière de la Brigade des Fugitifs, Claire Linné, bien décidée à arrêter l’ennemi public N°1.

Si le film est un peu long à démarrer, on rentre très vite dans un rythme très soutenu qui se maintiendra jusqu’à la fin. Courses poursuites, fusillades, bastons en prison, accidents, force est de constater que le film prend le parti pris de l’action. Il ne se passe pas une minute sans que quelque chose n’arrive. Époustouflant! Le polard français semble en forme, à l’instar de l’excellent A bout Portant de Fred Cavayé. On est comme en apnée pendant 1h42, pas le temps de respirer et de dire “ouf”, qu’une nouvelle péripétie est arrivée. Le film est à l’image de son héros Franck Adrien, obligé de courir de fuir tout le temps et partout.

Pour autant Franck Adrien ne porte pas vraiment le film. Si Albert Dupontel est excellent (comme à son habitude) on est obligé de se concentrer et d’être ébloui par les seconds rôles, et en particulier par la prestation de Stéphane Debac et Natacha Régnier. Ces deux là sont incroyablement crédibles en couple monstrueux. Stéphane Debac est juste terriblement flippant en pervers sexuel. Natacha Régnier n’en est pas moins dérangeante. Dans la Proie, Eric Valette a choisi le contre emploi pour ses acteurs: Alice Taglioni en a fini avec les rôles de Bimbo blonde et casse son image pour jouer cette femme flic à la Débra Morgan de Dexter. Zinedine Soualem en a lui aussi fini avec les rôles de gentil simplet et campe ici un inspecteur macho.

Si le film surprend par son rythme, l’accumulation de scènes d’actions à l’américaine, il pêche un peu au niveau de l’émotion et de la subtilité. D’abord par le côté super-homme de Franck Adrien qui ne s’effondre et ne meurt jamais! On aimerait le voir plus hésitant, plus perdu, plus faible et plus fragile. Là on est fasse à un Schwarzy que rien ne semble ni atteindre ni arrêter. Le film est en fait un peu trop cliché par moment. Franck Adrien d’abord en sur-homme sur-puissant, l’équipe de polices, les violences en prison, les méchants russes, les victimes qui courent les méchants qui marchent…

Si le film n’est pas sans rappeler Ne le Dis à Personne, pour son histoire et son rythme, la comparaison s’arrête là. Au délà d’un film d’action, Ne le Dis à Personne, est avant tout un film poétique et très émouvant. Dans La Proie on ne ressent rien. Aucun attachement pour Franck Adrien, aucun attachement non plus pour les autres personnages. On aurait aimé avoir plus de frissons… Peut être une volonté de faire un film d’action à 100%?

La Proie n’est pas un mauvais film loin de là, il ne deviendra pas non plus un chef d’œuvre mais à le mérite d’assumer son rôle: un bon divertissement à 2000 à l’heure!

M.

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